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Comment vaincre une dépression post partum ?

Dernière mise à jour : 3 oct. 2023


Dépression post partum, baby blues
Dépression post partum

J’inaugure ce blog avec un sujet qui me tient à cœur, dont on commence à parler mais qui reste encore trop tabou. Pourtant de nombreuses personnes sont touchées par la dépression post-partum.

Combien de mères sont touchées par une dépression post-partum ?

La dépression post-partum se déclenche majoritairement dans le 1er trimestre suivant l’accouchement mais peut arriver au cours de la 1ère année.

Elle peut durer 6 mois, 1 an et même devenir chronique.

Selon les chiffres officiels, 10 à 15% des mères vivent une dépression post-partum. Sauf que ce sont les cas diagnostiqués ! Un sondage français de 2021 met en avant que 30% des mamans auraient connus un épisode dépressif après la naissance de leur bébé.

Ce même sondage nous dit que 18% des pères sont également concernés.

Pour les pères, la dépression post-partum arrive souvent entre le 3ième et le 6ième mois du bébé.

Une étude de l’université Western Sydney met en exergue que les hommes devenant pères après 36 ans sont moins touchés par cette forme de dépression.

Un papa dont la femme vit une dépression post-partum a 2 fois plus de risque d’en vivre une aussi.



Comment reconnaître la dépression post-partum ?

La dépression du post-partum correspond à des symptômes dépressifs qui durent plus de 2 semaines après l'accouchement et qui perturbent les activités de la vie quotidienne.


Les troubles que je vais vous énumérer sont à prendre comme une indication pour que vous puissiez être vigilant(e) et non comme un diagnostic. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs signes de dépression post partum, cela pourra être le déclencheur pour que vous contactiez un professionnel de santé pour une prise en charge.

Les symptômes ressemblent à ceux d’une dépression majeure, ils peuvent correspondre à :

· Une tristesse excessive

· Des pleurs incontrôlables

· Une irritabilité, de la colère

· De l’insomnie ou de l’hypersomnie

· Une fatigue extrême

· Un changement d’appétit

· Un sentiment de dévalorisation, grande culpabilité de ne pas être un bon parent

· Une grande anxiété

· Des idées suicidaires

· Ne plus s’intéresser à rien

· Des difficultés à tisser du lien avec son bébé

Il y a également deux autres états dépressifs souvent confondus avec la dépression post-partum, qu’il me semble important d’aborder : le baby blues et le burn out parental.

Le Baby blues touche plus d’une femme sur deux.

Il se déclenche autour du 3ième jour et ne dure pas plus de 10 jours.

La cause principale est hormonale mais peut être liée à la fatigue, des difficultés rencontrées dans ce nouveau rôle de mère, les changements physiques et émotionnels qu’elle vit.

Le baby blues se caractérise par des crises de larmes incontrôlées, insomnie, irritabilité, anxiété.


Le Burn out parental, lui, peut avoir lieu quelques mois après l’accouchement comme des années plus tard.

C’est un état d’épuisement qui devient chronique progressivement. La personne en arrive à un détachement de son rôle parental, jusqu’à ne plus pouvoir s’occuper de soi, de ses enfants ou de son/sa partenaire. Il y a un désir de fuir la maison, s’éloigner de la famille.


Quelles sont les causes de la dépression post-partum ?

Il n’y a généralement pas une cause mais plutôt un ensemble de paramètres qui peuvent mener à une dépression post-partum. La liste, que je partage avec vous aujourd’hui, signifie que les personnes ayant vécu ou vivant ces évènements ont plus de risques de faire une dépression post-partum. Cependant, il ne faut pas en faire une généralité. Une personne peut remplir plusieurs de ces critères et ne jamais faire de dépression post-partum.


La dépression post-partum peut être dû à :

· Un important manque de sommeil

· Le bouleversement de la vie quotidienne

· La pression de vouloir être parfait/e et assurer sur tous les plans (enfant, couple, pro, …)

· Des problèmes dans l’allaitement

· Un enfant pleurant beaucoup ou ayant une pathologie

· Avoir déjà vécu des états dépressifs ou d’anxiété

· Avoir des antécédents familiaux de dépression

· Vivre des évènements stressants

· Avoir vécu une fausse couche, un deuil périnatal, la prématurité, …

· Avoir vécu une grossesse ou un accouchement difficile

· Ne pas avoir beaucoup de soutien autour de soi

· Avoir des problèmes de couple

· Pour les mères, la chute des taux de progestérones et d’œstrogènes, le déséquilibre entre ces 2 hormones peuvent également rentrer en jeu

· Pour les pères, ils peuvent avoir tendance à minimiser ce qu’ils ressentent en comparaison à ce que traverse la maman.


Comment éviter de faire une dépression post-partum ?

Dans une démarche toujours de prévention, je pense que la dépression du post-partum peut être éviter ou plus vite prise en charge si, déjà durant la grossesse, vous êtes bien renseigné et vous avez un espace pour parler de l’arrivée du bébé.

En partageant vos peurs et vos sentiments « liés à la venue du bébé », vous allez pouvoir d’une part en prendre réellement conscience, d’une autre part agir dessus.

En sachant à quoi vous pouvez être confronter en devenant parent, vous pourrez anticiper des actions qui vous soulagerons.

Par exemple, s’il est vital pour vous de courir tous les jours, vous allez découvrir que vous ne pourrez pas retourner courir tout de suite après l’accouchement. Cependant, il existe d’autres sports, plus doux qui vous pourrez pratiquer rapidement. Vous pourrez vous renseigner auprès de votre kiné ou sage-femme pour savoir quelle évolution est possible jusqu’à la reprise de votre précieux jogging.

➢ Enfin, connaitre les signes de la dépression post-partum, vous permettra de la reconnaître plus rapidement et de mobiliser vos ressources au plus vite.

Dès la naissance, vous pouvez mettre en place quelques actions qui vous permettront d’être plus serein/e et bien entouré/e :

· Prendre soin de soi

· Prendre du temps en couple (même 5 minutes mais en conscience)

· Pointer du doigt le positif

· Participer à des cercles de parents (si vous souhaitez en savoir plus sur ces ateliers, vous pouvez aller voir sur ma page Cercles de femmes)

· S’entourer de personnes bienveillantes, qui peuvent aider dans la gestion du quotidien et avec qui se confier lorsque vous en avez besoin.



Y a-t-il une solution pour vaincre la dépression post-partum ?

Lorsque vous prenez conscience que vous vivez une dépression post-partum, le mieux est d’en parler avec votre partenaire ou une personne de confiance pour réfléchir à ce qui peut être fait pour vous soulager. Il sera également important de consulter votre médecin et/ou un thérapeute pour vous aider sur le fond.

On sait que la dépression post-partum peut fragiliser le lien mère-enfant et avoir des conséquences sur le développement du tout-petit. Sachez qu’il existe des Unités Mères-Enfants qui permettent de prendre soin de la mère, tout en prenant soin de son enfant et surtout de ne pas rompre le lien.


Quand il s’agit de dépression, la prise en charge peut nécessiter une aide médicamenteuse pour réussir à reprendre pied. Certaines mères refusent parce qu’elles allaitent et qu’elles vivraient très mal un sevrage. Or, certains antidépresseurs sont compatibles avec l’allaitement, vous pouvez donc tout à fait continuer d’allaiter tout en ayant une béquille pour vous aider à avancer.


En 2023 aux États-Unis, la Food and Drug Administration a autorisé un médicament spécifiquement pour le traitement de la dépression post-partum.

Le Zurzuvae a la facilité de se prendre par voie orale ainsi que l’avantage d’avoir une efficacité très rapide et une durée de traitement assez courte. Ce médicament nécessite une prise pendant 14 jours seulement et peut commencer à faire effet dès le 3ième jours, pour une efficacité qui se prolongerais pendant 42 jours après la fin du traitement.


Cependant, comme tout médicament il peut y avoir des effets secondaires plus ou moins importants et il y a des contre-indications. L’une des contre-indications pouvant le plus impacter une jeunes mère sera l’interdiction d’allaiter. En effet, la molécule impliquée dans le Zurzuvae passe dans le lait maternel et nous ne connaissons pas encore les conséquences sur le bébé.

Même s’il faut donc rester prudent, on peut se réjouir d’une telle avancée et qu’un mal qui touche tant de mère soit pris en compte !



Où trouver du soutien pour une dépression post-partum ?

Quelques associations œuvrent pour le soutien des mères en post-partum, vous pourrez donc trouver de l’écoute et des informations via ces liens :

Numéro d’appel gratuit : 0 800 00 3456 Allo Parents Bébé https://enfance-et-partage.org/la-prevention/allo-parents-bebe/


https://1000jours.fabrique.social.gouv.fr/ est une application répertoriant de nombreux professionnels et conseils, ainsi qu’un outil de dépistage pour repérer une dépression post-partum.


Quel que soit le mal dont vous souffrez, si vous ne vous sentez pas bien, ne restez pas seul/e. Osez parler de vos difficultés parentales, de vos émotions, de vos questionnements, vous n’êtes pas seul/e à les vivres et cela aide grandement de partager.


Carole Solbès, accompagnante périnatale et parentale



Ressources











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2 Comments

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Merci Carole ! Il ne faut pas avoir peur du diagnostic, une fois posé on avance. Ce qui aurait pu m'aider ? Un "village" mieux construit autour de nous et ne pas hésiter à demander de l'aide (non, ce n'est pas parce que "les autres y arrivent" qu'on doit serrer les dents. Chaque histoire est unique) . Mais tout se surmonte et oui, la lumière brille maintenant que nous sommes (presque) sortis du tunnel. ❤️

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Carole Solbès
Carole Solbès
Jan 22, 2022
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Merci pour ton précieux témoignage 🥰 En effet, tout passe mais il faut être soutenue. Bravo à toi de ne jamais baisser les bras et d'avoir tout fait pour t'en sortir !

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